Ecole du spectateur

L'éveil du chameau - Louis Rubellin 2nde 4  par Francois Rubellin le 2018-04-03

      Dimanche 25 mars se concluait le cycle théâtral de l’Abonnement B de l’École du Spectateur de M. Berr, avec une pièce objet d'un avis assez contrasté, force m’est de le reconnaître.

    Cette pièce, l’Éveil du Chameau, ce sont deux modes de vie totalement opposés, deux philosophies qui vont s’entrechoquer. Maryse, femme en apparence respectueuse de bon nombre de vertus, incarnée par la talentueuse et jolie Aure Atika, n’accepte pas que Simon, le père de l’enfant de sa fille se soit fait la malle. Elle va donc aller voir Mickaël (Pascal Elbé), le père de Simon, pour le convaincre de jouer son rôle de père et de rappeler à l’ordre son fils. Ce qu’il refuse de faire, car celui-ci n’a aucune valeur morale. Maryse va donc rester chez Mickaël, s’introduire dans son bureau sans qu’elle y ait été conviée de quelque façon que ce soit, et commencer à discuter avec lui, espérant le convertir à son mode de vie, et lui espérant la convertir au sien. Aucun des deux ne réussira cependant, toutefois ils seront  tous deux changés par cette rencontre. À noter que cette pièce avait été adaptée au cinéma en 2015, sous le nom d’Ange et Gabrielle.

    Je ne suis pas, je le reconnais, un grand amateur du théâtre contemporain, cependant j’étais assez impatient de voir cette pièce, étant resté sur ma faim avec la précédente. En sortant du théâtre, je ne savais pas quoi penser de cette heure et demie de représentation. Si Aure Atika, Valérie Decobert et Pascal Elbé sont de très bons acteurs sur lesquels on n’a rien à redire, si le décor (l’appartement de Mickaël) est très joli, c’est sur le fond que je m’interroge. En effet, à la fin de la pièce, on a certes passé un bon moment, en riant et souriant à certaines répliques, on se demande si, finalement, on n’a pas perdu son temps. La pièce n’apporte rien, aucune réflexion, aucun questionnement, et la pièce s’arrête en suspens, laissant le spectateur imaginer la rencontre entre Mickaël et Simon. Ce qui aurait pu être une bonne idée, certes, mais la mise en scène laissait juste une impression de déjà-vu mêlée d’une vexation de ne pas connaître concrètement la fin.

   Cette pièce, qui en soi n’est pas si mal, est donc un sympathique divertissement, mais qui laisse tout de même la très fâcheuse impression d’avoir perdu une heure et demie de sa vie. Et puis bon, il faut l’avouer, pour citer le Maréchal von Apfelstrudel dans Papy fait de la Résistance : « Ce n’est pas très raffiné… ». Sauf que là, on regrette sa soirée.