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FIMUN 19 - Gabriel Barnagaud (1L1)  par Francois Rubellin le 2019-04-17

Aux alentours de INSEAD, à 8h30 le samedi 6 avril 2019, on a vu des centaines de jeunes habillés en tenue formelle affluer vers les portes d’un bâtiment qui accueillera leurs idées et débats sur l’avenir du monde pendant une journée. En effet, ce jour-ci s’est tenue la 10e édition du MUN à l’INSEAD. Mais qu’est-ce MUN?

MUN (Model United Nations) est une simulation des Nations Unies où des éléves d’établissements différents prennent part à un débat en tant que délégués de pays à l’ONU. Les débats concernent des problèmes d’actualité pressants, et sont regroupés dans des comités à thèmes, comme l’Environnement ou les Droits de l’Homme. Les éléves sont des délégués représentant un pays tiré au sort, et le but de la simulation est de débattre en abordant le point de vue du pays assigné tout en défendant les intérets du pays comme le ferait un vrai délégué aux Nations Unies. L’échange se fait en anglais, et concerne des résolutions, textes rédigés par les délégués qui visent à trouver des solutions, tout en appliquant la procédure des Nations Unies : un débat supervisé par deux modérateurs appelés chaires avec une quantité de règles précises à suivre.

Différentes conférences MUN se tiennent partout dans le monde, regroupant des centaines d’écoles pour les rassemblements plus préstigieux (ex : La Haye ou Dublin). La conférence de Fontainebleau, de taille moyenne, se déroule à INSEAD, dure une journée et regroupe trois lycées : le lycée international François 1er (sections anglophone et européenne anglaise), François Couperin et le lycée international de Noisy-le-Grand. La journée débute à 9h00 avec la cérémonie d’ouverture démarrant par un discours de Monsieur Berthelot, proviseur du lycée François 1er, qui insiste sur l’importance de cette “réflexion sur le monde” présentant MUN comme un moyen de nous inculquer des connaissances solides, des valeurs, et des méthodes d’expression, afin de devenir des acteurs pour un monde en paix. Le doyen adjoint d’INSEAD Peter Zemsky souligne l’importance de la promotion vers une collaboration internationale surtout face au climat populiste isolationniste actuel. Il rappelle que la mission originelle de INSEAD, institution créée après le Traité de Rome en 1957, est de transmettre aux futurs leaders des valeurs comme la conscience des Droits de l’Homme et une motivation pour aller vers un paix durable. M. le Maire de Fontainebleau Frédéric Valletoux ajoute que notre époque est sujette à de nombreux questionnements grâce (ou à cause) à la multipolarité des puissances, en opposition avec la bipolarité de la Guerre Froide.

La cérémonie d’ouverture se termine par une présentation par Mme Le Goulven, ancienne membre de l’ONU et à présent professeure à INSEAD. Elle nous montra que l’action réunie des nations peut avoir un impact à une grande échelle. Avec, par exemple, des mesure prises par un accord de l’ONU, le trou dans la couche d’ozone a diminué de 20% ; cette pensée que la coopération et le débat peut aboutir à quelque chose a motivé les jeunes délégués. A la question du savant dans La Peau de Chagrin  de Balzac : “Le livre vaut-il le glaive, la discussion vaut-elle l’action?” s'impose en guise de réponse un retentissant OUI! Car “ il vaut mieux débattre d’une question sans la régler que la régler sans en avoir débattu” (Joseph Joubert).

Après la cérémonie d’ouverture, les délégués sont répartis dans leurs comités respectifs : DISEC (désarmement) SOCHUM (droits de l’homme) SPECPOL (politique) et autres. Nous étions dans SPECS, le comité sur la science et la technologie, qui traitait de la question de l’augmentation de la cybercriminalité. Nous représentions la Chine, on a donc joué le jeu et présenté une résolution qui suivait les idéaux de notre pays. Des éléves de tous âges des trois lycées, avec des niveaux d’anglais différents, ont tous participé d’une manière ou d’une autre au débat pendant la matinée. Le résultat est une résolution finale qui comportait la résolution de deux pays (USA et Russie, en coopération) votée pour être débattue l’après-midi en assemblée générale. Le débat était sérieux, avec des discours pragmatiques, des résolutions témoignants de connaissances approfondies sur le sujet et des questions incisives et à propos. Les délégués n’avaient pas peur de dire ce qu’ils pensaient, encourageant les timides à parler : comme le dit Montaigne, “Un parler ouvert ouvre un autre parler et tire hors, comme le vin et l’amour.” Il y avait tout de même des parties ludiques : la gossip box, boîte où les délégués pouvaient envoyer leurs remarques, blagues et confessions, a été ouverte et lue, tandis que certains délégués ont été élus dans différentes catégories ; “meilleur costume”, “plus belle coupe”, “meilleurs couples” etc. Nous sommes fiers d’annoncer que la délégation chinoise que nous représentions a été élue ‘plus probable à devenir dictateur’...

Après la pause-déjeuner, les délégués sont regroupés en assemblée générale (grand comité rassemblant plusieurs des comités de la matinée) pour débattre des résolutions finales obtenue de la matinée. Notre assemblée générale rassemblait SPECS, SPECPOL et DISEC. Le débat sur les résolutions avançait, avec un certain relachement vers le milieu de l’après-midi... Quand tout d’un coup, un des chaires dévale les escaliers en criant “Situation de crise !” En effet, étant une simulation fidèle des Nations Unies, il se peut qu’il y ait des situations de crises : ici, l’événement était que le Pôle Sud déclarait son indépendance après l’annonce que Shell avait obtenu l’autorisation de forer sur leur territoire. Les délégués devaient écrire une résolution en 10 minutes, exercice de rapidité, mais aucune résolution n’est passée car les délégués ont appris durant le débat que c’était une organisation d’éco-terroristes qui avaient déclaré cette indépendance : ceci nous a permis de comprendre qu’il faut avoir toutes les informations en main avant de prendre une décision.

La cérémonie de fin a eu lieu à 17h00. Les cinq éléves de terminale qui ont aidé à organiser la conférence et supervisé le débat (ils sont aussi présidents du club MUN de François 1er, inculquant aux jeunes les subtilités de MUN) ont fait leurs discours qui portaient chacun sur une thématique différente : Lyvia sur “prendre des décisions”, Moon sur “l’intégration avec une différence culturelle”, Clovis sur ”les relations, la sociabilité”, Jules sur “la timidité et le courage” puis finalement le président, William, sur “le pouvoir de MUN et sa signification”. Cinq discours lourds d’émotion, car c’est leur dernière conférence MUN au lycée. Ils aimeraient cependant insister sur le fait que MUN est ouvert à tous, peu importe le niveau d’anglais, car personne ne jugera le niveau du langage : ce sont les idées qui comptent. Car, en fin de compte “Le but de la discussion ne doit pas être la victoire, mais l’amélioration...” disait Joseph Joubert. MUN permet aux éléves de s’améliorer sur plusieurs aspects, réfléchir sur notre monde et s’exprimer, faire entendre sa voix, chose indispensable pour une démocatie, mais aussi rencontrer des gens motivés!

Un grand merci à Ruth-Ann Kendrick, qui organise la conférence et qui se dévoue corps et âme pour MUN ; merci à Lyvia, Moon, Jules, Clovis et William, mais aussi à tous les autres présidents MUN des années précédentes - Kaiser, Palmer, Galunic et plein d’autres - pour avoir réussi à transmettre à tant de gens cet amour de MUN, pour avoir excité un intérêt pour les problèmes du monde et un amour du discours et débat, sortant beaucoup de gens de leur coquille. Et merci à l’équipe de presse pour ces photos !

Gabriel BARNAGAUD (1L1 SIA), 14 avril 2019