La vie des prépas

200 étudiants à la Journée de la Science 2010  par La direction le 2014-11-27

200 étudiants à la Journée de la Science 2010 sur "La propulsion aéronautique"

dimanche 31 octobre 2010 par Antoine Poncet

Mercredi 20 octobre, deux cents étudiants des Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles d’Ingénieurs du lycée, ainsi que des élèves lycéens particulièrement intéressés par les sciences, venant d’autres établissements du secteur – notamment le lycée Malraux à Montereau et du lycée de Cesson, ont pu profiter de la venue de quatre scientifiques de haut niveau, spécialistes de l’aéronautique.
Grâce au soutien de la ville d’Avon, qui mettait à notre disposition, sa confortable salle de conférences de la Maison dans la Vallée, ainsi que son équipe technique, les étudiants ont pu suivre avec intérêt, les quatre conférences successives, portant sur un thème très attrayant. Nous rappelons ici les principaux temps forts de la journée.

 

Georges Ville, un des quatre fondateurs d’Airbus (c’était en 1968 !) ouvrait la journée, en dévoilant les sept défis que doit relever un constructeur aéronautique civil pour s’assurer un avenir. Il rappelait dans un premier temps, les ordres de grandeur importants liés à l’industrie aéronautique. Depuis l’invention de l’avion à réaction, en 1952, la consommation des avions de ligne a été divisée par quatre ! Et le vol commercial le plus économique en consommation de carburant est celui d’un avion de 150 places effectuant un trajet de 5000 kilomètres. Un avion effectuant, sans escale, un voyage de 15000 kilomètres, consomme 40% de plus que lors du même voyage, ponctué de deux escales pour faire le plein de kérosène... Les étudiants étaient ensuite attentifs et réceptifs, aux contraintes commerciales, économiques, financières et monétaires auxquelles l’avionneur doit s’adapter ; ils profitaient ainsi d’une leçon d’économie industrielle bienvenue !

Michel Desaulty, ingénieur en chef des technologies nouvelles à la Snecma – site de Villaroche – dévoilait, en deuxième moitié de matinée, les deux grands types de moteurs aéronautiques. Si la recherche de la performance, au détriment de la consommation, pilote les recherches des moteurs équipant les avions de chasse supersoniques (moteurs turbojet), il n’en est pas de même pour les moteurs des avions de ligne, où l’on recherche des consommations plus basses (moteurs turbofan), et l’on travaille les cycles thermodynamiques pour s’approcher le plus possible de transformations réversibles (meilleur rendement du cycle). Les progrès en électronique, les recherches de pointe sur la nature des matériaux utilisés (matériaux composites plutôt que métalliques), les études aérodynamiques avec test en soufflerie, permettent d’améliorer progressivement les moteurs aéronautiques, notamment du point de vue des nuisances (bruits, émissions de polluants).

En début d’après-midi, Paul Kuentzmann, spécialiste de l’énergétique et Haut Conseiller à l’Onéra, abordait le thème des carburants utilisés en aéronautique. Après avoir évoqué les caractéristiques du kérosène, produit pétrolier universellement utilisé de nos jours, les différentes formes de carburants alternatifs étaient déclinées. Toutefois, seules quelques formules répondent aux caractéristiques imposées : un carburant aéronautique doit répondre à des contraintes drastiques, et ni le biodiesel, ni le dihydrogène, développés en recherches automobiles, ne sont utilisables. Les avancées actuelles permettent de penser que les carburant alternatifs qui seront utilisés à moyen terme, seront issus de gaz naturel, et peut-être de la biomasse (nombreux axes de recherches en cours).

Dans un dernier temps, Jean-Jacques Philippe, ayant à son actif une brillante carrière à l’Onéra, entièrement consacrée aux hélicoptères, présentait une conférence dédiée à ces appareils. Il exposait d’abord les principes de fonctionnement de cette machine à voilures tournantes, composée d’un rotor principal assurant la portance, et, par inclinaison, assurant la propulsion ou le freinage, ainsi que d’un rotor de queue anti-couple permettant de stabiliser l’hélicoptère (principe des actions réciproques). Puis il développait la réduction des nuisances sonores, possible en travaillant la forme des pales, et évoquait les performances limitées de ces machines : en vol de croisière, il est difficile de dépasser 250 km/h, à moins d’augmenter de manière déraisonnable la consommation. L’actualité brûlante était alors rappelée à l’assemblée, puisque le fabricant européen d’hélicoptères, Eurocopter, présentait en démonstration, le 15 septembre dernier, le prototype d’une formule nouvelle : un hélicoptère doté d’un rotor principal, assurant le décollage vertical et le vol stationnaire, et équipé de deux courtes ailes possédant des hélices assurant la propulsion de l’appareil en vol de croisière. Celui-ci atteint alors 315 km/h en vitesse économique.

Les étudiants quittaient la salle de conférences de la Maison dans la Vallée vers 17h15, non sans avoir chaleureusement applaudi et remercié ces quatre spécialistes de l’aéronautique ayant gracieusement donné ces conférences.

Antoine Poncet, professeur de Sciences Physiques en deuxième année PSI.