Allemand

A François 1er il y a 50 ans !  par Luce Duroy le 2017-02-14

Le 12 décembre 2016, Monsieur HARDER, qui a été pendant de nombreuses années Directeur de la Maison Heinrich Heine, venait ou plutôt revenait après 50 ans d'absence à François 1er, un établissement qu'il avait connu dans les années cinquante en tant que jeune correspondant allemand, puis dix ans plus tard en qualité d'assistant de langue. A travers l'évocation de ses souvenirs personnels, c'est l'évolution des relations franco-allemandes qui se déroulait devant nous. Un moment "d'allemand" linguistiquement et historiquement riche.

Léonie MARIE, Cyprien FICARA et Thibaut BARBIER, élèves respectivement de Terminale SED L1 et ES2, relatent l'intervention de Monsieur HARDER. Un grand merci à tous les trois.

 

Visite de Monsieur HARDER:

Lundi 12 décembre 2016, la classe de Terminale SED a reçu la visite de Monsieur Hermann Harder. Élève du Fichte-Gymnasium à Hagen près de Dortmund, Monsieur Harder participa à un échange franco-allemand avec le lycée François 1er au printemps 1956. Il nous fit partager ses souvenirs de cette première rencontre franco-allemande, où se confrontaient alors deux modes de vie bien distincts: le quotidien d'un jeune habitant de la RFA encore en reconstitution, et qui était foncièrement pacifiste comme toute la jeunesse allemande de l'époque d'après-guerre, et celui d'une famille bellifontaine, qui attachait, de par la profession du père de famille, une importance particulière au monde militaire. Premier contact somme toute réussi- car aujourd'hui encore Monsieur Harder entretient des relations avec sa famille d'accueil de l'époque- contact qui scella son attachement à la France, un pays qu'il allait apprendre à connaître toujours un peu plus tout au long de sa vie.

Dix ans plus tard, dans le cadre de ses études de français, Monsieur Harder fut nommé -pur hasard- au lycée François 1er comme assistant de langue et contribua ainsi auprès des élèves, puis plus tard en dispensant des cours d'allemand au Goethe Institut, au développement de la langue et de la culture allemandes.

Se profile ici une carrière que Monsieur Harder allait  consacrer au développement et au rayonnement des relations franco-allemandes.

De 1973 à 1988, il fut Directeur de la Maison Heinrich Heine.     

La Fondation de l'Allemagne est une institution culturelle allemande à Paris qui accueille également les étudiants du monde. Elle organise de nombreuses manifestations culturelles en direction de l'Allemagne et favorise le dialogue inter-culturel.

Par ailleurs, Monsieur Harder participa activement à la mise en place de l'Université franco-allemande,

qui vit le jour en 1999, oeuvre de coopération franco-allemande à l'initiative d'Helmut Kohl et de François Mitterrand. Son but est de renforcer la coopération dans le domaine de l'enseignement supérieur et de la recherche. Elle permet ainsi à des étudiants des deux pays de suivre des cours partagés entre France et Allemagne, et à des chercheurs de mettre en commun leurs savoirs.

Dans un contexte où les relations franco-allemandes étaient à peine naissantes (suite au Traité de l'Elysée conclu entre le Chancelier Konrad Adenauer et Charles de Gaulle en 1963), il nous expliqua les clichés, préjugés existant sur la France et l'Allemagne, ainsi que les appréhensions des élèves et étudiants des deux pays à étudier outre-Rhin. La France, était-elle le pays de toutes les libertés? L'Allemagne, avait-elle vraiment un mode de vie austère? S'élevant au-dessus des inquiétudes et des illusions des étudiants, Monsieur Harder travailla avec conviction et en collaboration avec les directeurs des plus grandes universités au développement de liens toujours plus étroits entre ces deux pays.

Pour nous, élèves de Terminales, soucieux de notre orientation, ce témoignage a eu une résonance particulière. Nous réalisions que les échanges avec l'Allemagne, auxquels nous avions eu la chance de participer, que la multitude de doubles diplômes post-bac, comme par exemple celui existant entre Sciences-Po Paris et la Freie Universität de Berlin, avaient vu le jour en partie grâce à l'homme qui se tenait devant nous.     Nous remercions chaleureusement  Monsieur Harder, d'être venu jusqu'à nous pour nous parler de son expérience et espérons, à travers notre section européenne allemande, continuer à oeuvrer à la consolidation des relations franco-allemandes.