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L’École du Spectateur de M. Berr reprenait ses droits après sept longs mois d'interruption le dimanche 9 décembre avec la Série A (à laquelle appartient votre serviteur) et un spectacle musical sur la base des textes fondateurs de la littérature que sont L’Iliade et L’Odyssée. Accompagnés de l’Orchestre National d’Île-de-France, trois récitants (un homme et deux femmes) racontaient ces deux épopées, mais d’une façon plutôt peu commune.

Avec un roman-photo projeté sur la toile-écran de la scène du théâtre, le texte dit par les comédiens, qui se voulait drôle était un petit peu lourd, reconnaissons-le, mais, reconnaissons-le également, parfois drôle à force de running gags certes quelque peu poussifs. En omettant force passage des histoires (l’Iliade est réduite à une dizaine de minutes contre cinquante pour l’Odyssée), les comédiens exagéraient considérablement leurs textes, avec ces intonations et accents propres aux spectacles destinés aux enfants, qui savent irriter l’amateur de qualité que vous et moi sommes. Il faut dire que le spectacle était conseillé à partir de huit ans, ce qui explique donc le caractère un peu puéril des montages et des textes (quoique… celui qui saura saisir les sous-entendus comprendra qu’un ou deux passages ne sont pas à lire au premier degré dans le texte…). Non, cette mise en espace d’Édouard Signolet ne m’a pas convaincu, sans pour autant m’énerver un peu comme avaient pu le faire d’autres metteurs en scène par le passé, car j’entends bien que les premiers destinataires de ce spectacle étaient les enfants.

À dire vrai, le meilleur de spectacle était les interprétations musicales de l’Orchestre National d’Île-de-France, conduit ce jour-là par Léo Mergue. Certes, toujours dans l’optique c’est un spectacle pour les enfants, les morceaux choisis étaient des pièces souvent vues et revues du répertoire, mais ô combien absolument bien jouées ! L’ouverture des Hébrides de Mendelssohn, l’Orage de la 6ème de Beethoven, la Petite Suite de Debussy, ou la Symphonie n°1 de Prokofiev (la Classique) marquaient des pauses apaisantes et nécessaires entre les élucubrations de nos comédiens. Mention spéciale aux violonistes qui ont su ce soir-là faire preuve d’une remarquable couleur et rondeur de son dans leur interprétation de Debussy notamment, mais également aux hautboïstes et clarinettistes et leur précision sans faille.

Pour conclure, malgré cet aspect « enfantin » parfois rébarbatif, L’Iliade et l’Odyssée est un spectacle d’abord et avant tout familial, pour apprendre et découvrir tant des classiques littéraires que musicaux, mais qui ne laissera pas l’amateur de musique indifférent, l’ONIF n’étant pas le pire orchestre qui soit non plus…