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Vendredi 14 décembre 2018, veille au soir de notre Concert du Téléthon 2018 se tenait au théâtre un spectacle absolument magique et transcendant, autour de la thématique universelle qu’est l’Amour. De Ronsard à Prévert, d’Haendel à Gershwin, toutes les époques se sont croisées et décroisées pour former ce spectacle musical et littéraire absolument incroyable qu’était Les Chemins de l’Amour (du nom d’une valse de Francis Poulenc, chantée ce soir-là). Ceux qui lisent les comptes-rendus des sorties au Théâtre depuis le début savent que je penche plus pour la musique que le théâtre, et pas d’exception ici.

Comme pour Les Forêts de Jean-Jacques, le spectacle était articulé autour de capsules, tantôt littéraires et déclamées par Patrick Poivre d’Arvor, qui était ce soir-là en pleine forme, tantôt musicales et chantées par la cantatrice Sophie Pondjiclis (connue à Fontainebleau pour son interprétation de Carmen au château pour les Opéras en plein air) accompagnée par le pianiste Stéphane Petitjean, qui joua également solo deux Chopin. Au programme, de l’amour italien, espagnol, français et américain, qui donc, s’ils peuvent être parfois empreints de quelque tristesse et mélancolie, ne sont jamais bien loin de la gaieté.

Le spectacle était divisé en deux parties distinctes, dont la séparation était marquée par la fameuse Ballade en sol mineur, opus 23, de Chopin, une référence en matière de difficulté d’interprétation pianistique. Dans la première partie se mêlaient des œuvres telles que L’Invitation au Voyage (et sa mise en musique par Henri Duparc), un sonnet de Ronsard, l’aria Piangero de l’opéra Giulio Cesare de Haendel, ou bien Chair de Verlaine : un lot d’œuvres diverses et variées, donc, qui montraient la représentation classique de l’Amour, souvent tortueux, passionné, déchirant, comme la dernière lettre d’Alfred de Musset à George Sand, monument paroxystique de l’amour romantique à la française. Puis la Ballade de Chopin vint mettre un terme à cette première partie, interprétée par cœur par Stéphane Petitjean quasiment dans le noir : une expressivité émotionnelle parfaite. À la fin de ce morceau, PPDA et Sophie Pondjiclis revinrent sur scène, mais la tenue de la cantatrice avait changé : ce n’était plus vraiment une diva tourmentée comme pendant la première moitié, mais plutôt une chanteuse décontractée, sans enlever, bien évidemment, quoi que ce soit à ses capacités vocales. Une certaine complicité scénique se noua entre les deux acteurs de ce spectacle dès la première chanson, The Man I love, de Gershwin, où on allait de petits clins d’œil en petites mimiques évocatrices, puis une danse pendant le solo du piano sur Besame Mucho. La convivialité, voilà assurément le maître mot de cette deuxième partie, tant entre les membres de la distribution qu’avec le public, lors des remerciements de Patrick Poivre d’Arvor (qui a su faire de l’autodérision en parlant des rôles de composition parfaite qu’étaient ceux de la chanteuse et du sien en amants infidèles et aimants – ils ont quand même une certaine différence d’âge) mais également lors du bis post-applaudissements. À la fin de leur interprétation des Feuilles Mortes, qui donc était ce bis, ils ont fait chanter au public le dernier couplet, au risque de provoquer quelque malaise mais bon, c’était au demeurant bien sympathique.

Enfin, après le spectacle, nous avons pu rencontrer les artistes autour d’un verre, leur parler, (tous très amicaux), et réussir – enfin, dans mon cas ! – à leur faire signer l’affiche du spectacle ! Bref, pas besoin de continuer ces éloges dithyrambiques : Les Chemins de l’Amour étaient bel et bien chemins à prendre !