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Un homme à la mine sympathique et à l’air débonnaire, souriant, prend place sur une chaise et met son accordéon autour de lui. Non, ce n’est pas Robert Amateur du Dimanche qui va vous jouer À Paris ou bien La Foule sur l’Île de la Cité moyennant quelques fausses notes. C’est Richard Galliano, le plus grand accordéoniste du monde, au Théâtre Municipal, en cette fraîche soirée du vendredi 25 janvier 2019.

Curieux de voir comment on pouvait élever l’accordéon au rang d’Art, comme cela me l’avait été dit quant à ce musicien dont on m’avait longuement vanté les qualités, je dois avouer avoir été complètement impressionné par la performance de M. Galliano. Claude Nougaro, Magali Noël, Astor Piazzolla ou encore Michel Legrand, à qui était dédié le concert (celui-ci n’étant pas encore décédé pendant le récital), autant d’amis de Richard Galliano, autant de noms qui sont aujourd’hui connus et appréciés presque uniquement de personnes ayant dépassé la soixantaine (qui, soyons honnêtes, composaient l’écrasante majorité du public) et que l’accordéoniste a su rendre accessible à tout le public.

Devant les micros, avant même que le récital ne démarre, l’instrument respire. Son propriétaire le « contracte » et le « décontracte », ce qui crée une impression de souffle, de respiration : l’accordéon est plus qu’un instrument, mais un acteur du concert à part entière, presque un être vivant. Car il est difficile de croire que des doigts humains peuvent, seuls, virevolter, voler, d’une façon aussi fluide et magique que celle, pourtant bien réelle, que nous vîmes vendredi.

Et rien de grotesque ou d’exagéré dans sa prestation : Richard Galliano n’est pas un clown, et ne se revendique pas non plus chanteur. Aussi n’annonce-t-il ses textes que d’une façon sommaire (mais très chaleureuse !) et ne chante-t-il pas les chansons qu’il interprète, laissant au public le soin de fredonner puis de chantonner la Javanaise de Gainsbourg (au bis uniquement – heureusement.) Basant tout son spectacle sur improvisation quasi-totale, il enchante le spectateur sur des morceaux de sa composition, mais aussi sur des classiques comme la Gnossienne n°3 d’Erik Satie, à laquelle se prêtait vraiment bien l’accordéon.

Au cours de ce spectacle d’une grande énergie malgré un récent pépin de santé assez important selon ses mots, le premier accordéoniste du prestigieux label Deutsche Grammophon nous a également présenté un instrument à mi-chemin entre l’accordéon et l’harmonica, l’accordina (ça ne s’invente pas), un tout petit instrument dont il a su faire sortir un son et une mélodie tout simplement époustouflants.

Bref, Exils !, dont le nom aurait tout aussi bien pu être Rencontres !, tant le spectacle gravitait autour des multiples rencontres et amitiés du musicien, a su émerveiller le public (malgré certaines perturbations sonores dues à des conversations entre personnes ayant peut-être oublié qu’elles étaient dans un théâtre) et ainsi me faire ressortir réellement content de ma soirée et heureux d’avoir découvert ce grand artiste.