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Rares sont les œuvres de Musique Classique qui me touchent réellement avant le XIXème siècle. Il y en a, bien sûr, mais elles sont peu nombreuses et presque exclusivement instrumentales. Alors un spectacle sur les castrats, ces chanteurs baroques castrés alors qu’ils étaient encore enfants pour conserver leur voix, avec contre-ténor homme, clavecin, viole de gambe et violon, autant dire que ce n’était pas particulièrement ce que je pouvais préférer. Une fois de plus, j’ai été très agréablement surpris par le spectacle.

Mathieu Salama, sopraniste reconnu, trois CDs derrière lui, venait nous faire l’honneur ce 8 février 2019 au théâtre de Fontainebleau d’une avant-première de sa tournée Arias Baroques et nous interpréter les morceaux de son dernier album –éponyme. Accompagné d’instruments aux sonorités étonnamment semblables, par moments, à sa voix, le chanteur a su envoûter l’ensemble du public par ses mélodies parfois reconnues comme des « tubes », ou d’autres à l’inverse connues des amateurs et spécialistes uniquement, mais qu’il a pu rendre accessible à tous.

Côtoyant tantôt des aigus cristallins avec sa voix de tête, tantôt des notes plus graves avec sa voix de poitrine, Mathieu Salama a su me « réconcilier » avec les arias de Vivaldi et Händel, qui composaient les trois quarts de la programmation et me faire apprécier encore plus l’Ave Maria attribué à Caccini et la Cold Song de Purcell, morceau d’ailleurs surprenant de modernité dans une époque où, somme toute, beaucoup d’airs se suivent, se ressemblent, et tombent dans l’oubli collectif pour n’être trouvables que dans la discothèque de quelques maniaques.

Je reconnais ensuite être loin de l’amateur inconditionnel de clavecin, mais son association, sur scène, avec la viole de gambe, ont donné au Rondeau d’Abdelazer, de Purcell (morceau rendu célèbre grâce à Benjamin Britten et au film Moonrise Kingdom, de Wes Anderson), une grâce et une profondeur non estimées. Notons ensuite que la viole de gambe, instrument avec lequel j’étais plus ou moins fâché depuis ma lecture de Tous les Matins du Monde, de Pascal Quignard, a redoré son blason à mes yeux.

Une très bonne surprise donc que ce concert, qui nous a fait voyager dans l’Italie et l’Angleterre des XVIIème et XVIIIème siècles, grâce à des musiciens d’un indéniable talent.