Ecole du spectateur

Venez nombreux applaudir nos acteurs !  par Alain Guyot le 2019-05-20

La Guerre des Rose - Louis Rubellin 1L1  par Francois Rubellin le 2019-02-24

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Certains penseront immédiatement que je n’ai pas apprécié La Guerre des Rose, puisque c’est une pièce de théâtre et que, de surcroît, ce n’est pas un classique. Ne leur en déplaise, j’ai beaucoup apprécié ma soirée du mercredi 13 février 2019.

La Guerre des Rose est une pièce de Warren Adler, écrite d’après son roman éponyme et qui avait donné lieu à une adaptation cinématographique il y a trente ans, en 1989, avec Kathleen Turner, Michael Douglas et Danny DeVito (qui l’avait réalisée). Elle raconte un divorce, une histoire de haine entre deux époux qui, après avoir cru s’aimer pendant près de vingt ans, s’entredéchirent et transforment la maison conjugale en un champ de bataille d’une incroyable violence, jusqu’à la fin, qui ne peut être autre que tragique. Dans cette mise à mort – parce qu’il n’y a pas d’autre mot –, les deux camps auront chacun un avocat qui se chargera d’envenimer cette affaire encore plus afin d’en faire une affaire d’ego à ego, Turner (avocat de Barbara) contre Goldstein (avocat de Jonathan), qui finiront de toute manière par s’entendre à la toute fin, s’associant, jeune loup et vieux renard.

A l’inverse, aucune réconciliation entre les époux n’est possible dans cette pièce, tout ne finit par un happy end, mais par une mort pathétique (et le mot est à lire dans toute sa polysémie), qui elle-même ne finira par les réconcilier, puisque la pièce commence par les deux époux face au public, devant le rideau, s’exprimant à nous depuis… l’au-delà, où, là encore, ils se haïssent. Et pourtant tout avait si bien commencé…

Voilà pour le synopsis. Adapter un roman en pièce de théâtre est quelque chose de particulièrement ardu, qui nécessite force jeux de mise en espace et qui, souvent, peut être dangereuse, tant pour la conservation de l’atmosphère du roman que pour la conservation de l’attention du public. À moins, bien sûr, de disposer d’un décor et d’accessoires conséquents. Ce qu’avait la pièce. Un très beau décor, loin du minimalisme de Mademoiselle Julie, avec tous les accessoires nécessaires au réalisme de l’intrigue ont pu maintenir notre intérêt éveillé pendant toute la représentation.

Toute la réussite de la pièce était aussi due aux deux principaux acteurs, qui pendant près d’une heure quarante-cinq ont été impeccables dans leur déferlement de haine progressif, ajoutant de l’humanité (!) aux personnages. Et pourtant, personne n’est à sauver, ni les protagonistes (les époux), ni – voire moins – les deutéragonistes (les avocats) dans La Guerre des Rose.

C’est une pièce, en effet, qui malgré une façade quelque peu comédie de boulevard, recèle au fond un potentiel « critique de la société actuelle » non négligeable lorsque l’on cherche un peu, mais pour le voir il faut beaucoup de second degré et un peu d’esprit, soit ne pas se borner aux vulgarités de langage et autres actions que l’on ne s’attendrait pas à voir au théâtre : ce sont bien de gens normaux que traite Warren Adler.

Ainsi donc, notamment grâce à ses acteurs disposant d’une solide réputation (légitime : Mathilda May est une actrice, écrivaine et chanteuse reconnue – César du meilleur espoir féminin 1988, quand même –, et Pascal Demolon, lui aussi acteur de télévision et de cinéma qui lui donne la réplique) et à sa mise en scène, La Guerre des Rose a été une belle réussite !

Hommage aux castrats - Louis Rubellin 1L1  par Francois Rubellin le 2019-02-22

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Rares sont les œuvres de Musique Classique qui me touchent réellement avant le XIXème siècle. Il y en a, bien sûr, mais elles sont peu nombreuses et presque exclusivement instrumentales. Alors un spectacle sur les castrats, ces chanteurs baroques castrés alors qu’ils étaient encore enfants pour conserver leur voix, avec contre-ténor homme, clavecin, viole de gambe et violon, autant dire que ce n’était pas particulièrement ce que je pouvais préférer. Une fois de plus, j’ai été très agréablement surpris par le spectacle.

Mathieu Salama, sopraniste reconnu, trois CDs derrière lui, venait nous faire l’honneur ce 8 février 2019 au théâtre de Fontainebleau d’une avant-première de sa tournée Arias Baroques et nous interpréter les morceaux de son dernier album –éponyme. Accompagné d’instruments aux sonorités étonnamment semblables, par moments, à sa voix, le chanteur a su envoûter l’ensemble du public par ses mélodies parfois reconnues comme des « tubes », ou d’autres à l’inverse connues des amateurs et spécialistes uniquement, mais qu’il a pu rendre accessible à tous.

Côtoyant tantôt des aigus cristallins avec sa voix de tête, tantôt des notes plus graves avec sa voix de poitrine, Mathieu Salama a su me « réconcilier » avec les arias de Vivaldi et Händel, qui composaient les trois quarts de la programmation et me faire apprécier encore plus l’Ave Maria attribué à Caccini et la Cold Song de Purcell, morceau d’ailleurs surprenant de modernité dans une époque où, somme toute, beaucoup d’airs se suivent, se ressemblent, et tombent dans l’oubli collectif pour n’être trouvables que dans la discothèque de quelques maniaques.

Je reconnais ensuite être loin de l’amateur inconditionnel de clavecin, mais son association, sur scène, avec la viole de gambe, ont donné au Rondeau d’Abdelazer, de Purcell (morceau rendu célèbre grâce à Benjamin Britten et au film Moonrise Kingdom, de Wes Anderson), une grâce et une profondeur non estimées. Notons ensuite que la viole de gambe, instrument avec lequel j’étais plus ou moins fâché depuis ma lecture de Tous les Matins du Monde, de Pascal Quignard, a redoré son blason à mes yeux.

Une très bonne surprise donc que ce concert, qui nous a fait voyager dans l’Italie et l’Angleterre des XVIIème et XVIIIème siècles, grâce à des musiciens d’un indéniable talent.

Dom Juan... et les clowns - Louis Rubellin 1L1  par Francois Rubellin le 2019-02-11

Je déteste les clowns. N’y voyez pas quelque coulrophobie ou mépris de la part de votre serviteur, simplement un désamour profond et certain. Aussi, lorsque j’ai constaté la présence du spectacle Dom Juan… et les Clowns de la Compagnie Miranda le 2 février 2019 au Théâtre dans mon abonnement, je dois avouer avoir pensé ne pas m’y rendre. Envers et contre  tout, j’y suis allé, comme vous le constatez, sachant que souvent par le passé mes pressentiments ont été démentis.

Après un Bord de Scène (suivre ce lien) lors duquel nous avons rencontré le meneur de la troupe, Thierry Surace (Dom Juan), un homme sympathique aux airs d’Alexandre Astier, il m’a effectivement semblé que mes premières impressions allaient s’avérer fausses. Elles n’ont été que partiellement démenties.

Pour ce que j’en garderai de positif, il y a d’abord et avant tout le fait d’avoir su accumuler, appris et de pouvoir jouer autant de texte, ce qui me laisse pantois – mais c’est là quelque chose que je reconnais à toute pièce de théâtre. Ce qui est spécifique à la pièce de samedi 2, c’est toute l’improvisation dont ont fait preuve les comédiens, brisant à l’envi le Quatrième Mur. Quand ce n’est pas une photo avec un polaroïd avec une des spectatrices pour la collection de Dom Juan, c’est une discussion entre Sganarelle et les spectateurs du rang de devant, et, paroxysme de cette rupture totale de la barrière entre public et acteurs, la descente dans le caveau du Commandeur. En effet, lorsque Sganarelle et son maître entrent dans la sépulture du Commandeur (aucunement besoin de vous faire l’affront de vous redonner le synopsis), ils descendent dans l’orchestre, et là, par un habile effet de transition, ils commencent à parler avec les spectateurs (Là je parle avec un gisant, dit Dom Juan à son valet en montrant une femme – d’un certain âge –, ou encore Non madame ne mourrez pas s’il vous plaît, après vous pourrez mais pas tout de suite, rapport à l’assurance, et enfin non mais ils ne nous voient pas là-haut ! (à propos des spectateurs au poulailler) Est-ce que vous avez payé autant que ceux qui sont ici ?). Bien entendu, étant dans une baignoire, je n’ai peut-être pas le même point de vue que ceux de l’orchestre, qui ont été plus enquiquinés… Il n’empêche que cette descente a placé la salle sous le signe de l’hilarité générale, et je mentirais si je niais avoir ri.

Cette pièce fait le pari de l’inventivité pour la mise en scène de ce monstre du répertoire théâtral, ce qui n’est en soi pas une mauvaise chose, même si l’option qu’elle a prise ne m’a pas particulièrement plu. Reconnaissons cependant que la compagnie a eu l’honnêteté d’appeler le spectacle Dom Juan… et les Clowns et non simplement Dom Juan, ce qui n’en fait pas une trahison mais bien une réécriture, une interprétation, une réadaptation (le choix est large). C’est honnête et l’on ne peut pas leur enlever cela.

Reste que ça piaille, ça bouge dans tous les sens : c’est parfois un vrai spectacle de cirque que cette pièce, notamment à l’arrivée de Dom Carlos et Dom Alonse, métamorphosés en manieurs de fouet – en dompteurs. Des essais de transformisme par moments également, ou encore une insupportable et interminable scène entre les personnages de Pierrot et Charlotte où les voix sont proprement douloureuses (celle du grand bête pour lui et un piaillement incessant pour elle) pour l’oreille d’un être humain normal entachent durement ce spectacle, qui pourtant sait faire rire (l’improvisation déjà évoquées où les scènes avec Dom Louis, le père de Dom Juan). Et le tout est esthétiquement d’une laideur ! Si seulement ils se limitaient au nez rouge ! Mais non, il faut des costumes, des maquillages (sauf pour Dom Juan) ! Certes, on me dira que c’est pour accentuer le burlesque de la pièce, que c’est pour dénoncer l’hypocrisie des bigots et de la société en elle-même à laquelle ne croit pas Dom Juan, qui reste le seul à peu près présentable. Je l’admets. Les clowns sont, effectivement, extrêmement laids.

Alors, quel verdict ? Contrairement à d’autres spectacles regrettables, je n’ai pas réellement perdu ma soirée. Malgré le fait que la plupart du temps je me sois ennuyé ferme, il y a derrière ce spectacle une réelle réflexion – c’est ce que je pense, car sinon je ne vois vraiment pas l’intérêt de faire un spectacle esthétiquement aussi repoussant – qui mérite d’être prise en compte, et des parcelles qui vous feront très certainement (sou)rire.

Exils! - Louis Rubellin 1L1  par Francois Rubellin le 2019-01-27

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Un homme à la mine sympathique et à l’air débonnaire, souriant, prend place sur une chaise et met son accordéon autour de lui. Non, ce n’est pas Robert Amateur du Dimanche qui va vous jouer À Paris ou bien La Foule sur l’Île de la Cité moyennant quelques fausses notes. C’est Richard Galliano, le plus grand accordéoniste du monde, au Théâtre Municipal, en cette fraîche soirée du vendredi 25 janvier 2019.

Curieux de voir comment on pouvait élever l’accordéon au rang d’Art, comme cela me l’avait été dit quant à ce musicien dont on m’avait longuement vanté les qualités, je dois avouer avoir été complètement impressionné par la performance de M. Galliano. Claude Nougaro, Magali Noël, Astor Piazzolla ou encore Michel Legrand, à qui était dédié le concert (celui-ci n’étant pas encore décédé pendant le récital), autant d’amis de Richard Galliano, autant de noms qui sont aujourd’hui connus et appréciés presque uniquement de personnes ayant dépassé la soixantaine (qui, soyons honnêtes, composaient l’écrasante majorité du public) et que l’accordéoniste a su rendre accessible à tout le public.

Devant les micros, avant même que le récital ne démarre, l’instrument respire. Son propriétaire le « contracte » et le « décontracte », ce qui crée une impression de souffle, de respiration : l’accordéon est plus qu’un instrument, mais un acteur du concert à part entière, presque un être vivant. Car il est difficile de croire que des doigts humains peuvent, seuls, virevolter, voler, d’une façon aussi fluide et magique que celle, pourtant bien réelle, que nous vîmes vendredi.

Et rien de grotesque ou d’exagéré dans sa prestation : Richard Galliano n’est pas un clown, et ne se revendique pas non plus chanteur. Aussi n’annonce-t-il ses textes que d’une façon sommaire (mais très chaleureuse !) et ne chante-t-il pas les chansons qu’il interprète, laissant au public le soin de fredonner puis de chantonner la Javanaise de Gainsbourg (au bis uniquement – heureusement.) Basant tout son spectacle sur improvisation quasi-totale, il enchante le spectateur sur des morceaux de sa composition, mais aussi sur des classiques comme la Gnossienne n°3 d’Erik Satie, à laquelle se prêtait vraiment bien l’accordéon.

Au cours de ce spectacle d’une grande énergie malgré un récent pépin de santé assez important selon ses mots, le premier accordéoniste du prestigieux label Deutsche Grammophon nous a également présenté un instrument à mi-chemin entre l’accordéon et l’harmonica, l’accordina (ça ne s’invente pas), un tout petit instrument dont il a su faire sortir un son et une mélodie tout simplement époustouflants.

Bref, Exils !, dont le nom aurait tout aussi bien pu être Rencontres !, tant le spectacle gravitait autour des multiples rencontres et amitiés du musicien, a su émerveiller le public (malgré certaines perturbations sonores dues à des conversations entre personnes ayant peut-être oublié qu’elles étaient dans un théâtre) et ainsi me faire ressortir réellement content de ma soirée et heureux d’avoir découvert ce grand artiste.

Mademoiselle Julie - Louis Rubellin 1L1  par Francois Rubellin le 2019-01-26

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Ceux qui suivent mes petits comptes rendus et avis de L’École du Spectateur savent que j’ai les yeux de Chimène plus pour les spectacles musicaux que pour le théâtre. Ici cependant, je ne peux qu’être admiratif devant l’incroyable prestation à laquelle j’ai assisté mardi 23 janvier 2019 en soirée au Théâtre de Fontainebleau.

Mademoiselle Julie d'August Strindberg, pièce incontournable du répertoire théâtral suédois et même du théâtre tout court, était ce soir-là donné dans une traduction inédite réalisée par le metteur en scène et rôle masculin Nils Öhlund (déjà venu à Fontainebleau pour incarner Jupiter dans Amphitryon, qui m’avait laissé un souvenir peu agréable). En effet, comme nous l’apprîmes dans le bord de scène qui précéda la représentation, tout comme il l’avait fait pour sa première mise en scène (La Maison de Poupées d’Henrik Ibsen), Nils Öhlund a réalisé un travail de traduction, mot à mot tout d’abord, puis mis en forme, en collaboration avec les actrices et ainsi mis en œuvre une très belle interprétation. Le décor, sobre (« Ikea » aux dires des acteurs, le sourire aux lèvres) et peu expansif, laissait ainsi aux acteurs la possibilité d’évoluer à leur guise.

Car cette pièce est toujours en mouvement. Aucune longueur, aucun temps mort dans ce huis clos oppressant dont l’argument rappelle une autre pièce donnée au Théâtre de Fontainebleau le 07 janvier 2017, The Servant. Ici encore, en effet, les rapports maître-servant sont bien mis à mal et bien des thèmes encore ô combien contemporains sont abordés. La condition sociale et la société de classe hermétique que mettent en « danger » les basses pulsions humaines du mal et du sexe, soit une analyse pré-psychanalytique de la société suédoise de la fin du XIXème siècle, le perpétuel combat entre Homme et Femme, entre Riche et Pauvre, font la force encore bien actuelle de Mademoiselle Julie. Personne n’est à sauver dans cette vision ultrapessimiste du monde. Ni la maîtresse, ladite Julie (Jessica Vedel, la Nuit dans Amphitryon) ni Jean, le domestique, qui se livrent un jeu de séduction pervers et ambigu, ni même Kristin, la cuisinière, troisième personnage, pourtant peu présente mais bel et bien utile, qui veille au maintien d’un ordre archaïque mais nécessaire (?) – chacun a sa place et ne peut en bouger. Les inspirations zoliennes, nietzschéennes et ibséniennes sont très présentes dans ce chef-d’œuvre, et les acteurs parviennent, n’en déplaise à Jean-Luc Jeener du Figaro, parfaitement à retranscrire la tension du propos de Strindberg. Pour ce faire, la mise en scène, malgré un décor, comme dit plus tôt, sobre (une cuisinière à laquelle étaient fixés deux placards suffisamment grands pour faire rentrer des êtres humains à l’intérieur et qui faisaient office d’appartement pour les domestiques, une table et des chaises) usait d’un jeu de lumières bien vu et d’une musique originale et suffocante à souhait.

Pourtant je dois reconnaître avoir eu un peu peur lors des premières minutes, où Kristin prépare des rognons en mimant l’intégralité de ses actions. Ce sentiment s’est bien vite estompé, ce choix de mise en scène s’avérant judicieux par la suite, construisant ainsi une scénographie que l’on considérera au choix comme une opposition à la mise en scène originale, imprégnée du théâtre réaliste naissant qui voulait que tout soit montré, ou bien au contraire, comme un réalisme poussé à l’extrême au point que l’on peut se passer de rognons. Si, dans ce cas-là, je pense que le metteur en scène a tenu à faire preuve d’une certaine forme d’hyperréalisme, il est clair qu’à d’autres moments de la pièce il a tenu à faire dans l’allusif, le suggestif, comme pour la scène d’amour durant la nuit mais aussi et surtout pour le dénouement.

Qu’arrive-t-il à la fin de la pièce ? Se tue-t-elle, comme le voudrait le texte originel, et comme je l’ai tout d’abord cru ? Assassine-t-elle le comte son père ? Se libère-t-elle de l’emprise de Jean une fois hors de sa portée ? Comme le voulait le metteur en scène, le spectateur doit imaginer sa propre fin.

Mademoiselle Julie est donc une pièce empreinte d’une noirceur totale qu’arrivent à retranscrire les trois acteurs et dont vous sortez empli d’interrogations quant à la fin mais même à plus large échelle quant au fonctionnement de notre société certes différente de celle de 1888 en Suède, mais avec laquelle il est possible de faire certains parallèles.

Les chemins de l'amour - Louis Rubellin 1L1  par Francois Rubellin le 2018-12-30

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Vendredi 14 décembre 2018, veille au soir de notre Concert du Téléthon 2018 se tenait au théâtre un spectacle absolument magique et transcendant, autour de la thématique universelle qu’est l’Amour. De Ronsard à Prévert, d’Haendel à Gershwin, toutes les époques se sont croisées et décroisées pour former ce spectacle musical et littéraire absolument incroyable qu’était Les Chemins de l’Amour (du nom d’une valse de Francis Poulenc, chantée ce soir-là). Ceux qui lisent les comptes-rendus des sorties au Théâtre depuis le début savent que je penche plus pour la musique que le théâtre, et pas d’exception ici.

Comme pour Les Forêts de Jean-Jacques, le spectacle était articulé autour de capsules, tantôt littéraires et déclamées par Patrick Poivre d’Arvor, qui était ce soir-là en pleine forme, tantôt musicales et chantées par la cantatrice Sophie Pondjiclis (connue à Fontainebleau pour son interprétation de Carmen au château pour les Opéras en plein air) accompagnée par le pianiste Stéphane Petitjean, qui joua également solo deux Chopin. Au programme, de l’amour italien, espagnol, français et américain, qui donc, s’ils peuvent être parfois empreints de quelque tristesse et mélancolie, ne sont jamais bien loin de la gaieté.

Le spectacle était divisé en deux parties distinctes, dont la séparation était marquée par la fameuse Ballade en sol mineur, opus 23, de Chopin, une référence en matière de difficulté d’interprétation pianistique. Dans la première partie se mêlaient des œuvres telles que L’Invitation au Voyage (et sa mise en musique par Henri Duparc), un sonnet de Ronsard, l’aria Piangero de l’opéra Giulio Cesare de Haendel, ou bien Chair de Verlaine : un lot d’œuvres diverses et variées, donc, qui montraient la représentation classique de l’Amour, souvent tortueux, passionné, déchirant, comme la dernière lettre d’Alfred de Musset à George Sand, monument paroxystique de l’amour romantique à la française. Puis la Ballade de Chopin vint mettre un terme à cette première partie, interprétée par cœur par Stéphane Petitjean quasiment dans le noir : une expressivité émotionnelle parfaite. À la fin de ce morceau, PPDA et Sophie Pondjiclis revinrent sur scène, mais la tenue de la cantatrice avait changé : ce n’était plus vraiment une diva tourmentée comme pendant la première moitié, mais plutôt une chanteuse décontractée, sans enlever, bien évidemment, quoi que ce soit à ses capacités vocales. Une certaine complicité scénique se noua entre les deux acteurs de ce spectacle dès la première chanson, The Man I love, de Gershwin, où on allait de petits clins d’œil en petites mimiques évocatrices, puis une danse pendant le solo du piano sur Besame Mucho. La convivialité, voilà assurément le maître mot de cette deuxième partie, tant entre les membres de la distribution qu’avec le public, lors des remerciements de Patrick Poivre d’Arvor (qui a su faire de l’autodérision en parlant des rôles de composition parfaite qu’étaient ceux de la chanteuse et du sien en amants infidèles et aimants – ils ont quand même une certaine différence d’âge) mais également lors du bis post-applaudissements. À la fin de leur interprétation des Feuilles Mortes, qui donc était ce bis, ils ont fait chanter au public le dernier couplet, au risque de provoquer quelque malaise mais bon, c’était au demeurant bien sympathique.

Enfin, après le spectacle, nous avons pu rencontrer les artistes autour d’un verre, leur parler, (tous très amicaux), et réussir – enfin, dans mon cas ! – à leur faire signer l’affiche du spectacle ! Bref, pas besoin de continuer ces éloges dithyrambiques : Les Chemins de l’Amour étaient bel et bien chemins à prendre !

L'Iliade et l'Odyssée - Louis Rubellin 1L1  par Francois Rubellin le 2018-12-24

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L’École du Spectateur de M. Berr reprenait ses droits après sept longs mois d'interruption le dimanche 9 décembre avec la Série A (à laquelle appartient votre serviteur) et un spectacle musical sur la base des textes fondateurs de la littérature que sont L’Iliade et L’Odyssée. Accompagnés de l’Orchestre National d’Île-de-France, trois récitants (un homme et deux femmes) racontaient ces deux épopées, mais d’une façon plutôt peu commune.

Avec un roman-photo projeté sur la toile-écran de la scène du théâtre, le texte dit par les comédiens, qui se voulait drôle était un petit peu lourd, reconnaissons-le, mais, reconnaissons-le également, parfois drôle à force de running gags certes quelque peu poussifs. En omettant force passage des histoires (l’Iliade est réduite à une dizaine de minutes contre cinquante pour l’Odyssée), les comédiens exagéraient considérablement leurs textes, avec ces intonations et accents propres aux spectacles destinés aux enfants, qui savent irriter l’amateur de qualité que vous et moi sommes. Il faut dire que le spectacle était conseillé à partir de huit ans, ce qui explique donc le caractère un peu puéril des montages et des textes (quoique… celui qui saura saisir les sous-entendus comprendra qu’un ou deux passages ne sont pas à lire au premier degré dans le texte…). Non, cette mise en espace d’Édouard Signolet ne m’a pas convaincu, sans pour autant m’énerver un peu comme avaient pu le faire d’autres metteurs en scène par le passé, car j’entends bien que les premiers destinataires de ce spectacle étaient les enfants.

À dire vrai, le meilleur de spectacle était les interprétations musicales de l’Orchestre National d’Île-de-France, conduit ce jour-là par Léo Mergue. Certes, toujours dans l’optique c’est un spectacle pour les enfants, les morceaux choisis étaient des pièces souvent vues et revues du répertoire, mais ô combien absolument bien jouées ! L’ouverture des Hébrides de Mendelssohn, l’Orage de la 6ème de Beethoven, la Petite Suite de Debussy, ou la Symphonie n°1 de Prokofiev (la Classique) marquaient des pauses apaisantes et nécessaires entre les élucubrations de nos comédiens. Mention spéciale aux violonistes qui ont su ce soir-là faire preuve d’une remarquable couleur et rondeur de son dans leur interprétation de Debussy notamment, mais également aux hautboïstes et clarinettistes et leur précision sans faille.

Pour conclure, malgré cet aspect « enfantin » parfois rébarbatif, L’Iliade et l’Odyssée est un spectacle d’abord et avant tout familial, pour apprendre et découvrir tant des classiques littéraires que musicaux, mais qui ne laissera pas l’amateur de musique indifférent, l’ONIF n’étant pas le pire orchestre qui soit non plus…

L'Ecole du spectateur : Saison 2018-2019  par Alain Guyot le 2018-09-17

La nouvelle saison  reprend!

Ecole du spectateur 2018-2019

Madame, Monsieur,

  Pour la quatrième année consécutive, le partenariat avec le Théâtre municipal de Fontainebleau est reconduit. L’ « Ecole du spectateur » permet à 80 élèves du Lycée International  François Ier d’assister à des représentations de spectacles de qualité à un tarif exceptionnel : 7€ 50 la place.

  Deux groupes de 40 élèves environ iront voir 5 spectacles chacun. Ces « blocs » de 5 spectacles ont été constitués de manière sensiblement égale, en tenant compte des dates durant l’année : chaque groupe se verra proposer des pièces de théâtre et des concerts. Il n’y a pas de panachage possible.  Les élèves peuvent indiquer leur préférence pour l’une ou l’autre série de spectacles : nous essaierons de satisfaire les demandes en fonction du nombre de places disponibles…

  Les deux séries de spectacles retenues sont les suivantes :

 

 

Série A

 

 

1) L’Iliade et l’Odyssée, d’après Homère,

Création de l’Orchestre National d’Ile de France,

Dimanche 9 décembre 2018 à 17 h 00

 

2) Mademoiselle Julie, d’August Strindberg,
mise en scène Nils Ohlund,
mardi 22 janvier 2019 à 20 h 30

 

3) Dom Juan… et les clowns , d’après Molière,

mise en scène d’Irina Brook,
Samedi 2 février 2019 à 20 h 30

 

4) La Guerre des Rose, de Waren Adler,
mise en scène de Gregory Barco,
mercredi  13 février 2019 à 20 h 30

 

5) Zorba, d’après Nikos Kazantzakis
mise en scène d’Eric Bouvron,
samedi  6 avril 2019 à 20 h 30

 

 

Série B

1) Les Chemins de l’amour, musique et littérature,

avec Sophie Pondjiclis et Patrick Poivre d’Arvor,
Vendredi 14 décembre 2018 à 20 h 30

 

2) Exils, de Richard Galliano,
(accordéon soliste),
Vendredi  25 janvier 2019 à 20 h 30

 

3) Hommage aux Castrats,

Mathieu Salama

Vendredi  8 février 2019 à 20 h 30
 

4) Le Souper, de Jean-Claude Brisville,
mise en scène de Daniel et William Mesguish,
Vendredi 19 avril 2019 à 20 h 30

 

5) Le Cid, de Corneille,
mise en scène de Jean-Philippe Daguerre,
Vendredi 10 mai 2019 à 20 h 30

  Nous vous invitons à consulter le site: www.fontainebleau.fr et à télécharger la brochure «guide de la  saison théâtrale 2018-2019 » pour plus de détails sur les représentations. Certains de ces spectacles sont précédés d’une conférence par le metteur en scène à 19 h 00 au théâtre (présence OBLIGATOIRE des élèves retenus pour l’Ecole du spectateur).

 

INSCRIPTION A L’ECOLE DU SPECTATEUR

  NOTA : Cette activité culturelle relève du Foyer socio-éducatif du Lycée et implique d’être à jour de sa cotisation. Si vous n’avez pas encore adhéré pour l’année scolaire 2018-2019, établir un chèque séparé d’un montant de 10 € (montant minimum) à l’ordre du « FSE du Lycée International François Ier ». Vous pouvez joindre ce chèque à l’inscription à l’Ecole du spectateur.

 

   Le prix pour les 5 spectacles est de 37€ 50, à régler par chèque (sauf impossibilité matérielle) à l’ordre du « FSE du Lycée International François Ier ».

  Les élèves arrivent au théâtre et en repartent par leurs propres moyens.

  Vous trouverez ci-joint un document d’inscription à télécharger et à remplir lisiblement (adresses mail et numéros de téléphone fixe et portable notamment).

  Rappel des règles :

  1. Les élèves dont la candidature n’aurait pas  été retenue faute de place pourront demander à être réservistes en cas de désistement d’un camarade. Ils seront appelés sitôt une défection connue.
  2. Un élève dans l’incapacité de participer à un spectacle devra signaler son absence immédiatement par mail (via Vie Scolaire). Il sera remplacé par un camarade réserviste. TOUT ELEVE QUI « OMETTRA » DE SIGNALER SON ABSENCE SERA EXCLU (et remboursé) pour les spectacles suivants  et ses places attribuées à un élève en liste d’attente.
  3. Les places seront attribuées en fonction des priorités suivantes :
  1. Elèves participant à l’Atelier Théâtre,
  2. Elèves de 1ère L et Terminale L,
  3. Autres élèves de Première,
  4. Autres élèves de Terminale.
  5. Elèves de Seconde

  Le dossier complet devra être déposé (sous enveloppe portant les nom, prénom et classe de l’élève)  dans le casier de Monsieur Berr (n°24) en salle des Professeurs :

- lundi  24 septembre pour les élèves de l’Atelier Théâtre,

- mardi 25 septembre pour les élèves de 1ère L et Terminale L,

- mercredi  26 septembre pour les autres élèves de Première,

- jeudi  27 septembre pour les autres élèves de Terminale.

- vendredi 28 septembre pour les élèves de Seconde

Aucun dossier ne sera admis avant la date prévue pour chaque catégorie d’élèves. A l’inverse, tout dossier en retard perdra son ordre de priorité.

  Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’assurance de mes sentiments dévoués.

F. Berr

Fiche d'inscription 2018-2019.pdf

Rossini en secret - Louis Rubellin 2nde 4  par Francois Rubellin le 2018-05-06

Les élèves de série A de l’École du Spectateur, samedi 05 mai, ont pu assister à un concert autour du compositeur italien Gioacchino Rossini (1792 – 1868). Ce fut une merveilleuse soirée qui enchanta, et ce n’est pas peu dire, la totalité du théâtre, particulièrement rempli ce soir-là, et je partageais (et partage encore) le sentiment du public.

Construit autour d’un fil rouge original sans être indigeste par excès d’originalité, Rossini en secret est un spectacle surprenant et singulier. La représentation raconte l’histoire d’un petit groupe d’amis qui investit chaque nuit un nouveau théâtre, durant trois nuits consécutives, au cours desquelles lesdits amis répètent des œuvres d’un compositeur préalablement choisi (ici, Rossini) afin de les jouer le dernier soir pour un public fantôme. Les morceaux sélectionnés (des « tubes » du compositeur, comme des pièces moins connues) étaient donc chantés par des artistes particulièrement talentueux, dans une mise en scène étonnante mais tout sauf rébarbative. Tantôt projetant Et vogue le navire, de Fellini, sur un drap blanc, tantôt jouant avec des décors de bric et de broc du théâtre. Le public n’est néanmoins pas en reste, les chanteurs effectuant de temps à autre des descentes à travers l’orchestre, toujours en chantant. L’interaction la plus marquante avec ce public « fantôme » reste la distribution d’assiettes de pâtes cuites, là, devant nos yeux, sur la scène, sur l’air du Lazzarone (Voir Naples et mourir). En effet, les chanteurs cuisiniers et le narrateur sont descendus dans un public pas si fantôme puisque celui-ci s’est délecté de ces pâtes al dente.

Dans cette ambiance de grande convivialité entre leur public et eux-mêmes, les artistes continuent leur spectacle, et quand celui-ci s’aventure dans un burlesque un peu lourd (ce qui est rare, certes), cette impression est totalement effacée par les incroyables performances vocales des chanteurs : soprano, mezzo-soprano, ténor et basse.

Rossini en secret offre, plus qu’une simple « compilation » musicale, un grand moment artistique et culturel pendant lequel on ne voit pas le temps passer. Si jamais vous avez une occasion de les voir et de les entendre, n’y manquez pas : vous ne regretterez certainement pas votre soirée ! Une représentation qui conclut donc l’année et cette saison de l’École du Spectateur en beauté ! (Sous vos applaudissements.)