Ecole du spectateur

Les 2GT10 à La Colline - Théâtre national  par Elisa Franzon le 2015-10-09

Sortie au théâtre des 2GT10 – 6 octobre 2015

Encadrée par Mmes Edel, professeure documentaliste et Franzon, professeure de français et M. Guérin, professeur de mathématiques

Nous avons inauguré notre partenariat avec La Colline avec ce qui correspond aussi à la première pièce de la saison théâtrale de La Colline - Théâtre National, dirigée par Stéphane Braunschweig et qui propose une belle réflexion sur le théâtre et sur la place de l’art en général dans notre société : Les Géants de la montagne (suivre ce lien) de Luigi Pirandello, mis en scène par Stéphane Braunschweig.

Nous avons d’abord été accueillis par Marie-Julie Pagès et Quentin Robert, chargés des relations publiques au théâtre. Après une brève présentation des missions des théâtres nationaux et de celle de La Colline en particulier, nous avons effectué une visite du théâtre, qui nous a tous ravis. Les élèves ont été particulièrement impressionnés par le mécanisme pour faire tenir et descendre les cintres. Nous avons pu monter sur la passerelle de charge et descendre sous le plateau. Tout le monde aura  retenu que les techniciens de théâtre s’interdisent par superstition de prononcer certains mots : tous les cordages s’appellent « des chanvres » et le mot « corde » ne peut être utilisé que s’il s’agit de celle d’un instrument de musique !

Ensuite nous avons été accueillis par Clémence Bordier, autre chargée des relations publiques et dramaturge. À partir d’un premier extrait de la pièce, il s’est agi de faire comprendre le titre de la pièce et de réfléchir à ce que représentent pour Pirandello et pour nous aujourd’hui, ces géants de la montagne. Pour Pirandello, dans une sorte de remord rétrospectif à la fin de sa vie, ces géants semblent représenter les partisans du fascisme. Pour nous aujourd’hui, ils évoquent le pouvoir de l’argent : « nous demanderons une grosse somme, car plus grosse nous la demanderons, plus notre offre aura d’importance à leurs yeux ».

À partir d’un second extrait de la pièce, la didascalie initiale, Clémence Bordier a demandé aux élèves d’imaginer comment ils pourraient créer sur scène ce que Pirandello présente comme un temps et un lieu « indéterminés : aux limites entre la fable et la réalité » et comment par conséquent ils envisageraient de représenter la villa. Les élèves ont imaginé des villas en carton, de la brume, des murs nus sur lesquels le spectateur puisse projeter son imaginaire etc.

Nous avons ensuite profité de la proximité avec le cimetière du Père-Lachaise pour aller voir d’une part les monuments aux morts de la Seconde Guerre mondiale, en lien ténu avec le contexte politique d’écriture de la pièce de Pirandello en 1936.  Ensuite, comme le XIXème siècle est au cœur du programme de français pour le genre romanesque et la poésie, nous avons fait une halte devant le mur des Fédérés et sur la tombe de Jean Baptiste Clément, auteur du "Temps des cerises"  (https://www.youtube.com/watch?v=U_W0B6aUt3E ).

Après avoir dîné, nous sommes retournés à La Colline pour la représentation des Géants de la montagne à 19h30.

Certains ont apprécié, d’autres non, mais personne n’a été indifférent. La pièce leur a paru parfois bizarre, difficile à comprendre, mais aussi « drôle tout en étant réfléchie », pleine de « folie ». Et surtout, elle les a surpris !

Il nous faut ici féliciter les élèves pour leur attitude. C’est un bon début d’aventure dans laquelle ils s’engagent et nous sommes contents d’avoir pu partager ces moments avec eux. Nous attendons maintenant tous avec impatience le 2 février, date de notre prochaine sortie à La Colline !