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Film: Stefan Zweig, Adieu l'Europe!   par Luce Duroy le 2016-11-26

Le 23 février 1942, Stefan et Lotte Zweig mettent fin à leurs jours à Pétropolis au Brésil. Dans son film: Stefan Zweig, Adieu l'Europe, Maria Schrader tente de percer à jour la psychologie de l'écrivain autrichien juif, l'un des auteurs majeurs du début du 20 ème siècle. Européen et pacifiste convaincu, Stefan Zweig avait fui l'Allemagne hitlérienne dès 1933. Il avait trouvé refuge dans ce Brésil qu'il considérait comme une "terre d'avenir", mais n'avait jamais pu se défaire de ce sentiment d'être devenu un apatride, sentiment dont il parle si bien dans son autobiographie, Le Monde d'Hier: "...je n'ai plus ma place nulle part, étranger partout, hôte en mettant les choses au mieux; même la vraie patrie que mon coeur s'est choisie, l'Europe, est perdue pour moi, depuis que pour la deuxième fois, courant au suicide, elle se déchire dans une guerre fratricide. Contre ma volonté, j'ai été témoin de la plus effroyable défaite de la raison et du plus sauvage triomphe de la brutalité qu'atteste la chronique des temps;"

Naomi Fosse, élève de Terminale L1 SED, nous fait partager sa perception du film Stefan Zweig, Adieu l'Europe. Un grand merci à elle. 

Ce vendredi 18 décembre, les terminales internationale germanophone, européenne allemande et quelques terminales LV2 allemand, ont eu la chance d'aller au cinéma pour assister à la projection du film de Maria Schrader, Stefan Zweig, Adieu l'Europe. A travers un film entre bruit et silence, le bruit des appareils photo et le silence de l'écrivain, la réalisatrice nous montre la fin de celui que certains considèrent comme un mythe, Stefan Zweig. Au lendemain de son adieu définitif à l'Europe, il imprègne l'atmosphère du film d'une mélancolie, voire d'une douleur sourde, sous-jacente. Le film oscille entre la couche visible de la fin de vie de Zweig, celle des faits, et la couche à la fois subtile et accablante, où se joue le destin de l'Europe. Celle-ci le conduit, dans une fin saisissante et explicite, comme jetée aux yeux du spectateur, à rejoindre ce qu'il appelait "l'autre côté". C'est paradoxalement une fin très ouverte, sur le mélange des cultures, les problèmes de l'identité et de l'exil, et la génération suivante, issue unique et salvatrice, ainsi que potentiellement rédemptrice.

Naomi FOSSE, TL1 SED

Lettre d'adieu de Stefan Zweig (suivre ce lien)