
Biennale 2026 du CERI-SciencesPo, Day 2: 24 élèves de Terminale et Première ont eu la très belle opportunité d'assister et participer activement à la Biennale du CEntre de Recherches Internationales, le laboratoire de recherches internationaliste de Sciences Po les 2 et 3 juin dans le superbe campus Saint-Thomas au coeur de Saint-Germain des Prés. Deux rencontres au menu de ce jour (programme ici), une présentation de L'atlas des migrations de et par Catherine Wihtol de Wenden en matinée, puis une table ronde très animée sur le Moyen Orient l'après-midi, avec notamment Jean-Pierre Filiu que le lycée avait accueilli en septembre 2013. Merci au CERI, sa directrice Stéphanie Balme et son équipe pour cette invitation, la chaleur de l'accueil reçu et l'attention dont le groupe a fait l'objet. Un événement décidément appelé à marquer la mémoire des participants!
Josué DURAND (1ère 4 HGGSP) résume ci-dessous cette première journée:
Mercredi 3 juin, les lycéens du lycée international François Ier ont assisté au deuxième jour de la biennale de Sciences Po. Emmenés par Monsieur Rubellin et Madame Corneloup, nous avons assisté à deux conférences campus Saint-Thomas-d’Aquin. Nous avons premièrement assisté à une conférence sur les migrations de Catherine Wihtol de Wenden (CERI-Sciences Po/CNRS), qui a dirigé la conception de L’Atlas des migrations de 2005 à 2025. Nous y avons découvert les ressorts et les dynamiques des flux migratoires mondiaux face à un brassage d’idées reçues, de « fake news » et de stéréotypes concernant l’immigration, et tout particulièrement sur des théories reprises par les personnalités politiques, qui souvent n’illustrent pas vraiment la réalité. Ces théories servent surtout à rester populaires dans les sondages, toujours dans une dynamique d’accession au pouvoir ou afin de s’y maintenir. Cette conférence s’est révélée être une puissante clé, avec des données et une démarche scientifiques, permettant de comprendre la migration actuellement, afin de ne pas se laisser influencer par certains discours de l’espace public.
Dans cette filiation éducative, nous avons l’après-midi écouté une table ronde axée sur le Moyen-Orient avec K. Bitar (Université Saint-Joseph/Sciences Po), J.-P. Filiu (CERI-Sciences Po/CNRS), L. Louër (CERI-Sciences Po/CNRS), N. Marzouki (CERI-Sciences Po/CNRS), O. Roy (EHESS). Ils nous ont brossé un portrait à la fois social, politique, religieux et militaire de la situation au Moyen-Orient. L’expertise donnée par ces spécialistes du Moyen-Orient s’est voulue en opposition avec les analyses purement géopoliticiennes audibles à la radio et sur les plateaux d’informations en continu. Ces analystes sont en effet souvent exclusivement des spécialistes de l’armement et de la projection de puissance. La mort, la désolation, la misère sont les mots qui, encore très peu fidèlement, peuvent décrire ce que vivent les populations habitant la bande de Gaza, selon Jean-Pierre Filiu, qui est l’un des seuls à s’être rendu récemment dans la zone de guerre. Entre divisions religieuses entre chiites et sunnites, fractures sociales des différentes populations, la soif de pouvoir et de contrôle des différents dirigeants peu recommandables de la région, soutenue par les jeux de pouvoir des puissances internationales, le Moyen-Orient est le théâtre où les bouleversements du monde se jouent sous nos yeux. Les scientifiques ont aussi signalé qu’il était de plus en plus compliqué de se rendre sur le terrain des relations internationales et que la recherche rencontre actuellement des difficultés à ce niveau-là.
Ce constat est peu porteur d'espoir, tant la violence a une tendance expansionniste : des empires se recréent, et le progrès scientifique, bien qu’il révolutionne la médecine, ne semble qu’accroître la létalité des moyens belliqueux. Cependant, les chercheurs nous ont donné de l’espoir et une solution. Construire un Moyen-Orient sûr pour les populations, où une paix durable est souhaitée, implique une solution profondément humaniste : l’éducation des populations en créant un solide lien d’unité par la compréhension et l’acceptation de l’autre. En tant qu’Européens, il ne tient qu’à nous, les jeunes, de construire une Europe forte de partenariats avec les sociétés civiles du Moyen-Orient afin participer humainement à la paix dans le monde.
Josué DURAND (1G04 HGGSP), juin 2026