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Certains penseront immédiatement que je n’ai pas apprécié La Guerre des Rose, puisque c’est une pièce de théâtre et que, de surcroît, ce n’est pas un classique. Ne leur en déplaise, j’ai beaucoup apprécié ma soirée du mercredi 13 février 2019.

La Guerre des Rose est une pièce de Warren Adler, écrite d’après son roman éponyme et qui avait donné lieu à une adaptation cinématographique il y a trente ans, en 1989, avec Kathleen Turner, Michael Douglas et Danny DeVito (qui l’avait réalisée). Elle raconte un divorce, une histoire de haine entre deux époux qui, après avoir cru s’aimer pendant près de vingt ans, s’entredéchirent et transforment la maison conjugale en un champ de bataille d’une incroyable violence, jusqu’à la fin, qui ne peut être autre que tragique. Dans cette mise à mort – parce qu’il n’y a pas d’autre mot –, les deux camps auront chacun un avocat qui se chargera d’envenimer cette affaire encore plus afin d’en faire une affaire d’ego à ego, Turner (avocat de Barbara) contre Goldstein (avocat de Jonathan), qui finiront de toute manière par s’entendre à la toute fin, s’associant, jeune loup et vieux renard.

A l’inverse, aucune réconciliation entre les époux n’est possible dans cette pièce, tout ne finit par un happy end, mais par une mort pathétique (et le mot est à lire dans toute sa polysémie), qui elle-même ne finira par les réconcilier, puisque la pièce commence par les deux époux face au public, devant le rideau, s’exprimant à nous depuis… l’au-delà, où, là encore, ils se haïssent. Et pourtant tout avait si bien commencé…

Voilà pour le synopsis. Adapter un roman en pièce de théâtre est quelque chose de particulièrement ardu, qui nécessite force jeux de mise en espace et qui, souvent, peut être dangereuse, tant pour la conservation de l’atmosphère du roman que pour la conservation de l’attention du public. À moins, bien sûr, de disposer d’un décor et d’accessoires conséquents. Ce qu’avait la pièce. Un très beau décor, loin du minimalisme de Mademoiselle Julie, avec tous les accessoires nécessaires au réalisme de l’intrigue ont pu maintenir notre intérêt éveillé pendant toute la représentation.

Toute la réussite de la pièce était aussi due aux deux principaux acteurs, qui pendant près d’une heure quarante-cinq ont été impeccables dans leur déferlement de haine progressif, ajoutant de l’humanité (!) aux personnages. Et pourtant, personne n’est à sauver, ni les protagonistes (les époux), ni – voire moins – les deutéragonistes (les avocats) dans La Guerre des Rose.

C’est une pièce, en effet, qui malgré une façade quelque peu comédie de boulevard, recèle au fond un potentiel « critique de la société actuelle » non négligeable lorsque l’on cherche un peu, mais pour le voir il faut beaucoup de second degré et un peu d’esprit, soit ne pas se borner aux vulgarités de langage et autres actions que l’on ne s’attendrait pas à voir au théâtre : ce sont bien de gens normaux que traite Warren Adler.

Ainsi donc, notamment grâce à ses acteurs disposant d’une solide réputation (légitime : Mathilda May est une actrice, écrivaine et chanteuse reconnue – César du meilleur espoir féminin 1988, quand même –, et Pascal Demolon, lui aussi acteur de télévision et de cinéma qui lui donne la réplique) et à sa mise en scène, La Guerre des Rose a été une belle réussite !